Le salaire maire et adjoints repose sur un mécanisme d’indemnités de fonction, et non sur un statut salarial. Ces indemnités sont calculées en pourcentage de l’indice brut terminal de l’échelle indiciaire de la fonction publique (IB 1027), et leur montant varie selon la taille démographique de la commune et la fonction occupée au sein du conseil municipal.
Comprendre les écarts entre maire, premier adjoint et autres adjoints suppose de lire conjointement le barème légal et la délibération locale.
Indemnités de fonction : maire, 1er adjoint et adjoints selon la strate démographique
Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) fixe des plafonds d’indemnités exprimés en pourcentage de l’IB 1027. Ces plafonds augmentent avec la population de la commune. Le maire perçoit systématiquement le taux le plus élevé ; le premier adjoint dispose d’un plafond inférieur, et les autres adjoints d’un plafond encore plus bas.
Le tableau ci-dessous présente les plafonds maximaux tels qu’ils ressortent du CGCT, par strate de population :
| Strate de population | Maire (% IB 1027) | 1er adjoint (% IB 1027) | Autres adjoints (% IB 1027) |
|---|---|---|---|
| Moins de 500 hab. | 17 % | 6,6 % | 6,6 % |
| 500 à 999 hab. | 31 % | 8,25 % | 8,25 % |
| 1 000 à 3 499 hab. | 43 % | 16,5 % | 16,5 % |
| 3 500 à 9 999 hab. | 55 % | 22 % | 22 % |
| 10 000 à 29 999 hab. | 65 % | 26 % | 26 % |
| 30 000 à 59 999 hab. | 90 % | 36 % | 36 % |
| 60 000 à 99 999 hab. | 110 % | 44 % | 44 % |
| 100 000 hab. et plus | 145 % | 58 % | 58 % |
Ces pourcentages sont des plafonds légaux. Le conseil municipal peut voter des taux inférieurs par délibération. L’indemnité effective dépend donc du vote local, pas seulement du titre occupé.

Différences réelles entre premier adjoint et autres adjoints
La distinction entre premier adjoint et autres adjoints n’entraîne pas mécaniquement une différence d’indemnité selon le CGCT : les plafonds légaux sont identiques pour ces deux catégories. L’écart éventuel découle exclusivement de la délibération du conseil municipal.
Un conseil peut décider d’attribuer au premier adjoint un taux supérieur à celui des autres adjoints, dans la limite des plafonds légaux. Cette modulation est possible mais elle doit figurer explicitement dans la délibération et dans le tableau annexé qui récapitule l’ensemble des indemnités. L’absence de ce tableau annexé peut rendre la délibération illégale.
Par ailleurs, une condition s’applique à tous les adjoints : ils ne peuvent justifier de l’exercice effectif de leurs fonctions que s’ils ont reçu une délégation formelle du maire. Sans délégation, le versement de l’indemnité peut être remis en cause.
Conditions d’attribution et règles de calcul des indemnités municipales
Plusieurs règles encadrent le versement des indemnités de fonction pour les élus locaux :
- Les indemnités ne sont versées que pour l’exercice effectif des fonctions. La jurisprudence a précisé, cas par cas, ce qui constitue ou non un exercice effectif.
- L’indemnité du maire est attribuée de plein droit par la loi ; celle des adjoints et conseillers est fixée par délibération du conseil municipal dans les trois mois suivant l’installation de l’assemblée.
- En cas de cumul de mandats, les indemnités perçues sont plafonnées : le total ne peut dépasser un plafond global fixé par la loi, calculé lui aussi par référence à l’IB 1027.
- Les maires et adjoints sortants continuent de percevoir leurs indemnités jusqu’à l’installation de la nouvelle assemblée, et non jusqu’à la date de l’élection.
La strate démographique prise en compte est la population totale issue du dernier recensement. Ce chiffre peut évoluer entre deux mandats et modifier le barème applicable à une même commune.
Revalorisation récente et prime régalienne : ce qui a changé
Les plafonds d’indemnités dans les communes de moins de 20 000 habitants ont fait l’objet d’une revalorisation. Cette hausse ne s’applique pas uniformément à toutes les strates : son effet concret varie selon la taille de la commune concernée.
La loi de finances pour 2026 a par ailleurs créé un versement spécifique lié aux attributions exercées par le maire au nom de l’État. Ce mécanisme ne concerne pas les adjoints. Lorsqu’un changement de maire intervient en cours d’année, ce versement est réparti entre les titulaires successifs au prorata de la durée d’exercice de chacun.
Ces évolutions affectent principalement les petites et moyennes communes, où l’écart entre l’indemnité théorique et le manque à gagner professionnel est souvent le plus sensible. Les élus qui exercent une activité salariée en parallèle de leur mandat peuvent bénéficier d’autorisations d’absence et de crédits d’heures, mais leur employeur n’est pas tenu de maintenir leur rémunération pendant ces absences.
Lire la délibération locale pour comparer maire et adjoints
Le barème légal donne les plafonds, mais la délibération locale est le seul document qui indique l’indemnité réellement versée à chaque élu d’une commune donnée. Cette délibération doit être accompagnée d’un tableau récapitulatif présentant l’ensemble des indemnités attribuées : maire, premier adjoint, adjoints, conseillers municipaux le cas échéant.
- Pour les communes de 100 000 habitants et plus, les conseillers municipaux peuvent également percevoir une indemnité de fonction, encadrée par le CGCT.
- Dans les communes plus petites, les conseillers municipaux ne perçoivent généralement pas d’indemnité, sauf dispositions spécifiques votées en conseil.
- Le taux effectivement voté peut être inférieur au plafond légal, notamment dans les communes dont la capacité financière est limitée.
Comparer le maire, le premier adjoint et les autres adjoints d’une même équipe municipale suppose donc de consulter la délibération et son annexe, et non de déduire l’indemnité du seul titre porté. Deux maires de communes de taille identique peuvent percevoir des indemnités différentes si leurs conseils ont voté des taux distincts.

